Les bonus cappés : résister à une baisse (modérée) des marchés

Les marchés boursiers sont, depuis plusieurs mois, bien orientés à la hausse. Cela peut encore durer un temps indéfini, personne ne pouvant dire à l’avance si cela sera ou non le cas.

Néanmoins, il est parfois utile d’anticiper les choses. Se préparer, à la marge, à une baisse certaine (la seule inconnue étant « quand ? ») des marchés boursiers n’est pas une tare. Je dis bien « se préparer, à la marge ». C’est à dire ne pas se positionner totalement à contre-courant, mais initier une petite position qui pourra grossir dès lors que les marchés basculeront.

Il existe de très nombreux supports (turbos, ETF short, …) pour jouer la baisse des marchés. Ce sont des supports assez difficiles à appréhender et plutôt réservés à des investisseur avertis.

Personnellement, si je n’exclue pas de (re)prendre un turbo put lorsque les marchés changeront d’orientation, ma stratégie repose néanmoins sur les bonus cappés. Ces produits sont relativement simples à comprendre et peuvent de ce fait s’adresser à des investisseurs moins calés techniquement que les produits cités en début de paragraphe.

Qu’est-ce qu’un bonus cappé ?

Il s’agit d’un produit dérivé permettant d’investir sur un sous-jacent (action ou indice). Le concept du bonus cappé est de garantir, lorsque sa date d’échéance est atteinte (15 à 18 mois maximum), le rachat du bonus cappé à son prix « bonus », à la condition que le sous-jacent n’ai jamais atteint sa barrière au cours de la vie du bonus cappé.

  • exemple : 1) Nous sommes le 11 avril 2017. J’achète le bonus cappé XX00X ayant comme sous-jacent la société X, côtés sur le CAC40. L’échéance de ce bonus est fixée au 15 mars 2018 (soit 11 mois).
  • 2) Le bonus cappé a une barrière à 20€ et un niveau bonus à 35€. Cela signifie que si, entre le 11 avril 2017 et le 15 mars 2018, le cours de la société X ne touche jamais les 20€, alors la banque à l’origine de l’émission de ce bonus cappé s’engage à vous les racheter au prix du niveau bonus, soit à 35€. Y compris si dans le même temps le cours de la société X à chuté de 5 / 10 / 15 / …%. L’important étant vraiment que la borne basse n’ai pas été touchée.
  • 3) Dans le cas où la borne basse serait touchée, alors le bonus cappé se comporterait exactement comme le cours du sous-jacent, et serait racheté par son émetteur au cours du sous-jacent le jour de l’échéance. Dans ce cas il y a donc risque de perte de tout ou partie du capital investi.
  • 4) Un bonus cappé peut parfaitement se vendre à tout moment durant sa vie. Le teneur de marché s’engageant à led racheter au même titre que n’importe quelle action classique. Il n’est donc pas nécessaire d’attendre l’échéance du bonus cappé pour pouvoir s’en séparer.

Marché baissier

Dans un marché boursier (modérément) baissier, il est donc possible de réaliser des gains avec les bonus campés alors même que les sous-jacents enregistreraient des baisses de leurs cours de bourse.

Personnellement j’investis de cette façon sur des sociétés solides mais ayant connu une période de volatilité au cours des mois / années précédentes. C’est ainsi que je peux avoir des marges importantes, ainsi que des gains possibles non négligeables.

Je possède par exemple un bonus cappé sur la société BOUYGUES. Celui-ci m’assure un rendement maximum de 8,77% brut du moment que le cours du sous-jacent n’atteigne jamais la barrière… située à 29,6% ! Cela signifie que l’action BOUYGUES peut dévisser de 29% sans que je ne perdre les avantages (niveau bonus) du bonus cappé. Ainsi, là où un investisseur sur l’action précitée pourrait perdre 29%, si je conservais mon bonus cappé jusqu’à l’échéance, je réaliserai de mon côté une plus-value de 8,77% brut.

Dans le cas où le cours du sous-jacent passerait sous la barrière, alors mon bonus cappé se retrouverait à un niveau proche de celui de l’action et évoluerait exactement de la même façon que cette dernière. Ma perte serait alors équivalente (à peu de choses près) à celle d’un investisseur sur l’action.

Marché stable

Dans un marché stable, les bonus cappés conservent tous leurs intérêts. Là où les actions (sous-jacents) n’évolueront que très peu, les bonus cappés permettront de surperformer les marchés.

Marché haussier

Dans un marché haussier, les bonus cappés ont un fort risque de sous-performer le marché. Pour reprendre mon exemple avec BOUYGUES, si dans un marché haussier le sous-jacent progresse de 15%, mon rendement maximum se limitera lui à 8,77%. Il s’agit là d’une limite des bonus cappés.

Comment bien choisir un bonus cappé ?

Un bonus cappé ne se choisi pas par hasard. Néanmoins, chaque investisseur possède ses propres critères. Je vais donc exposer ceux qui sont les miens.

  • le sous-jacent doit être une société du CAC 40 ou du SBF 120, laquelle se trouve dans une situation de croissance des résultats (ou de bonne prévisions pour les mois à venir). Cela permet d’investir sur une société au moins relativement solide.
  • le sous-jacent doit être une société qui a connu il y a quelques mois (voir années) une importante déconvenue boursière. CASINO à chuté de plus de 50% en quelques mois, BOUYGUES à dévissé d’environ 25% après l’arrêt des négociations concernant la revente de sa branche telecoms. Cela permet d’investir sur une société via des bonus campés ayant des barrières relativement éloignées (20 à 30%) pour des rendement se situant aux alentours de 10% brut.
  • en cas de versement de dividendes par le sous-jacent,  la marge à la barrière du bonus cappé doit être suffisamment importante pour ne pas se rapprocher trop près de cette dernière. Car lors d’un versement de dividende par le sous-jacent, le détenteur de bonus cappé ne reçoit rien. Par contre, le cours du sous-jacent diminue d’autant que le montant du dividende, rapprochant ce même cours de la barrière.
  • l’échéance du bonus cappé doit se situer au maximum à 12 mois. Cela permet d’obtenir des caractéristiques intéressantes tout en limitant les risques liés à une échéance trop lointaine (dégradation du marché, …).
  • le cours d’achat du bonus cappé doit être soit inférieur, soit le plus proche possible, du cours du sous-jacent. Cela permet, dans le cas où la barrière serait touchée, de réduire la perte en comparaison avec un investisseur ayant acheté directement le sous-jacent.

Les principaux émetteurs de bonus cappés

Il y a, sur le marché français et à ma connaissance, deux émetteurs principaux. Il s’agit de la banque française BNP PARIBAS et de l’Allemande COMMERZBANK.

Conclusion personnelle

Pour moi, les bonus cappés sont un composant de portefeuille très intéressant. J’irais même jusqu’à dire qu’il s’agit de produits moins risqués (avis purement personnel et n’engageant que ma personne) que les actions détenues en direct.

Mise en garde

Les bonus cappés sont des produits financiers dérivés. Ils présentent (au même titre que les actions classiques) un risque de perte partielle ou totale du capital investi. Cet article ne doit absolument pas être perçu comme une incitation à l’achat (ou à la vente) de bonus cappés ou de tout autre produit financier.

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