La bourse : entre orgueil et préjugés

Se déclarer « actionnaire » d’une société est l’un des meilleurs moyens pour attirer les mauvais regards vers soi. Les termes « bourse », « actions », « entreprises », « investissement », ne seraient-ils finalement rien d’autre que des gros mots ? Petit tour d’horizon des (orgueils et) préjugés courants…

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Si tu as des actions, c’est que tu as de l’argent et que tu as les moyens.

Je suis démasqué… j’ai de l’argent… tout les mois… cela s’appelle un salaire ! Et oui, j’ai les moyens de m’acheter des actions, parce que je m’en donne les moyens justement. Mon salaire est faible, mais je sais vivre avec sans vouloir paraître ce que je ne suis pas… je parviens donc à économiser et à investir quelques centaines d’euros par mois.

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De toute façon je n’ai aucune culture financière.

Rien d’étonnant puisque l’école française n’apprend pas à ses élèves ne serait-ce qu’à gérer simplement et efficacement un budget. En même temps, le programme de l’Éducation Nationale est décidé par ceux-là même qui depuis plus de 40 ans ne sont pas capables de voter un budget à l’équilibre pour la Nation. Et pourtant ils sortent des plus grandes écoles eux… Bref… il n’y a aucune culture financière en France.

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En bourse seuls ceux qui ont de l’argent peuvent gagner.

C’est certain qu’à se limiter aux seuls Livret A, LDD, ou PEL, il est difficile de gagner quoi que ce soit. Si la bourse peut être source de gains, elle peut aussi, très facilement, entraîner des pertes importantes. Néanmoins, 100% des « gagnants » ont tenté leur chance… 100% des perdants aussi me rétorquerez-vous…

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J’ai eu une (très) mauvaise expérience avec la bourse, on ne m’y reprendra plus.

La bourse n’est pas un jeu, et encore moins un casino. On achète pas des actions d’une société uniquement parce que son nom nous dit quelque chose. Il faut avoir un minimum de stratégie et de réflexion derrière.

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De toute façon les actionnaires ce sont tous des enfoirés de profiteurs !

« J’ai acquis la certitude que deux choses sont infinies… la connerie et l’univers. Mais en ce qui concerne l’univers, je n’en ai pas encore la preuve formelle« . Albert Einstein.

En plus, sortir une citation de ce génie, ça en jette…

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Mon banquier m’a dit…

STOP ! Définition du terme « banquier » : Personne employée par une société privée dans le but de faire gagner de l’argent à cette même société privée.

Un banquier est là pour vendre des produits maison, pas pour faire gagner de l’argent à ses « clients » sur le dos de son employeur. Je pourrais même aller jusqu’à dire, sans ironie aucune, que le banquier travaille pour le compte des actionnaires de la banque. Donc quitte à prendre pour argent comptant tout ce que dit votre conseiller, autant prendre des actions dans sa « boîte ».

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Les actionnaires gagnent de l’argent sur le dos des salariés !

Les actionnaires (tout du moins les petits porteurs) investissent leur argent personnel dans des sociétés. Rien n’empêche n’importe quel salarié de n’importe quelle entreprise d’en faire de même. Ainsi chacun « profitera » du travail des autres.

Se plaindre des autres tout en enviant leurs « avantages », c’est un peu pathologique.

  • pour 47€ investis sur TOTAL, vous aurez un dividende annuel de 2,48€…
  • pour 86€ investis sur SANOFI, vous aurez un dividende annuel de 2,96€…
  • Pour 15€ investis sur ORANGE, vous aurez un dividende annuel de 0,60€…

Dans l’absolu, la bourse est donc parfaitement accessible à quiconque veut bien se donner la peine d’en apprendre les rudiments et le fonctionnement. Malheureusement il est plus simple (et plus rapide) de se plaindre plutôt que d’agir et de découvrir.

Ce ne sont là que trois exemple parmi tant d’autres. Les cours cités sont grosso modo ceux auxquels évoluent chacune des trois sociétés en question ce jour. De même, le montant des dividendes cité pour chacune de ces sociétés est le dividende qui a été / sera versé en 2017. Le cours évolue chaque jour, le dividende chaque trimestre / semestre / année.

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Le monde de la finance est néfaste.

Si par « finance » vous entendez « financiers vendeurs de produits tellement alambiqués que personne n’y comprends rien, si ce n’est que ça va leur rapporter un max de pognon sur le dos des autres« , alors oui, cette finance est très probablement néfaste.

Si, par contre, il s’agit de considérer que la bourse, en elle-même, et les actionnaires, pour ce qu’ils sont, sont néfastes, alors là je ne suis pas d’accord. Les actionnaires (ceux qui investissent, en opposition à ceux qui « jouent ») apportent aux sociétés l’argent qui leur est nécessaire pour fonctionner, se développer, vivre…

De plus, comme évoqué ci-dessus, n’importe qui peut devenir actionnaire. C’est, d’un point de vue purement technique, à la portée du premier quidam venu. Et cela ne coûte vraiment rien, mis à part les frais de courtage (<1€ / ordre chez les courtiers les moins chers !). Il faut juste se donner les moyens…

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Le jour où il va y avoir un krach boursier, tu vas tout perdre.

À moins que toutes les entreprises côtées de la planète fassent faillite de façon simultanée (assez peu probable quand même), il y a peu de chance (risques) qu’un portefeuille d’action finisse pas ne plus rien valoir du tout.

Néanmoins, une chute de 50 / 60 / 70% (ou plus) peut parfaitement être envisagée. Je suis d’accord pour dire que cela pourrait, à première vue, donner envie de pleurer et de tout balancer. Sauf qu’après réflexion, une telle chute serait l’occasion rêvée pour tout investisseur d’acheter un maximum d’actions de sociétés solides et leaders dans leur domaine à prix bradés. Du point de vue d’un investisseur, c’est vraiment l’idéal.

Cela demande effectivement d’avoir respecté quelques règles de base dès le début, en particulier de n’avoir investi que de l’argent qui ne vous est pas nécessaire à au moins moyen terme. Il faut aussi pouvoir accepter, moralement et mentalement, que le portefeuille puissent accuser, durant un temps indéfini une très large moins-value. Je le reconnais, ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir y parvenir.

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Tu es actionnaire de telle société… tu es donc « responsable » (dans le sens de « cautionner ») de ses agissements et/ou du danger que représente ses produits.

C’est un raisonnement intéressant. J’en déduis donc que tes fringues achetés à bas prix chez untel, made in « très loin », et fabriqués par des enfants dans la misère, soulignent ton attachement à ces pratiques douteuses ? Sans quoi tu porterais surement des vêtements en séries limités, fabriqués en France et à prix (très) élevé.

Tout cela pour dire que si des sociétés prospèrent, c’est bien que leurs produitd, à défaut forcément de plaire, ont une utilité pour un très grand nombre de personnes. Sans quoi, si personne n’achetait tel ou tel produit… ils ne seraient tout simplement plus fabriqués.

En toute honnêteté, qui faut-il blâmer ? Celui qui propose un produit, ou bien celui décide, en connaissance de cause, de l’acheter ? Je parle bien évidemment de produits reconnus comme légaux, et non pas des divers trafics en tous genres qui existent !

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Et les privatisations de ces dernières années hein !?

L’état a décidé de vendre les autoroutes (par exemple)… c’était une belle ânerie de sa part. Mais ce n’est pas parce que l’État fait n’importe quoi que je devrais en faire autant. On me donne la possibilité d’investir dans des sociétés qui rapportent gros, je ne vois pas au nom de quoi je me priverais. D’ailleurs… au lieu de te plaindre, pourquoi n’en as-tu pas profité toi-même ?

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